6.2.1.1. La recherche active d'un emploi est une démarche prometteuse
On évalue à 24.000 par an le nombre d'emplois ouverts aux personnes de faible niveau de formation qui disparaîtront jusqu'en 1988. A l'inverse, environ 70.000 emplois seront dégagés chaque année pour des travailleurs peu ou non qualifiés parce que leurs titulaires cesseront leur activité professionnelle (retraite anticipée, retraite, invalidité). Cette dynamique du marché de l'emploi donne aussi aux chômeurs de longue durée, qui souvent n'ont pas de formation ou qu'une formation minime, la possibilité de trouver du travail, à condition toutefois qu'ils se livrent à une recherche active et ciblée d'emploi.
Sur les 100.000 personnes sans emploi depuis plus de trois ans, 30.000 par an environ trouvent un nouvel emploi (y compris les chômeurs qui ont trouvé du travail dans un «pool de travail» (voir iMi 43) ou ont été placés à un poste d'expérience du travail). Même pendant la récession des deux dernières années, les perspectives d'obtention d'un emploi ne semblent pas s'être dégradées pour les chômeurs de longue durée. Le nombre de chômeurs de longue durée qui ont trouvé un emploi pendant cette période est resté à peu près le même.
Pour trouver un emploi, il est important que les chômeurs qui sont depuis très longtemps sans emploi mènent eux-mêmes une recherche active. Il semble que le fait de prendre soi-même l'initiative et la recherche active améliorent notablement les chances de trouver un emploi. Or, deux tiers des chômeurs sans emploi depuis plus de trois ans ne présentent plus de candidature: ils semblent s'être résignés au chômage.
Il semble que cette renonciation et l'attitude passive qui en résulte constitueront à l'avenir un grave problème. Des études ont montré que près de 40 % des bénéficiaires de prestations d'aide sociale tenus de rechercher un emploi ont cessé de le faire activement. Les raisons le plus souvent invoquées: ils sont malades, ont déjà du travail ou suivent une formation. Le chômage de longue durée a pour effet d'inhiber de plus en plus l'activité, avec pour résultat qu'un nombre toujours croissant d'emplois vacants ne peuvent être pourvus en période de relance conjoncturelle. La politique du marché du travail devrait davantage viser à activer les chômeurs.
6.2.1.2. Le partage du travail améliore l'adaptation de l'offre et de la demande sur le marché du travail
Le partage du travail mène à une augmentation de l'emploi de travailleurs peu ou non qualifiés en améliorant l'adaptation de l'offre et de la demande sur le marché du travail. Cependant, la mise en ouvre du partage du travail est tributaire de la situation économique. Les employeurs y recourent surtout pour des raisons organisationnelles et financières: pourvoir des postes vacants pour lesquels il est difficile de trouver des titulaires, baisse des coûts salariaux et amélioration de l'efficacité.
Ce sont surtout les travailleurs peu ou non qualifiés qui sont sans emploi. L'une des possibilités permettant d'améliorer les perspectives d'emploi pour cette catégorie consiste à créer des emplois en recourant au partage du travail: réorganisation des tâches, avec pour conséquence la création d'un ou plusieurs emplois pour des travailleurs peu ou non qualifiés. Un aspect notable est que les emplois ainsi créés sont de bonne qualité.
Diverses raisons mènent à recourir au partage du travail: réduire la pression du travail, améliorer la qualité des services et augmenter la flexibilité. Les motifs sociaux peuvent eux aussi jouer un rôle, par exemple l'introduction du travail à temps partiel et la réalisation de mesures de création d'emplois. Le partage du travail peut également permettre de réduire les frais salariaux.
Il importe de promouvoir désormais le partage du travail, l'amélioration de la situation économique amenant pour les entreprises la nécessité de trouver de nouveaux travailleurs. Le partage du travail peut ainsi être utilisé pour créer des emplois pour les professions situées entre le salaire minimum et la catégorie salariale la plus basse.
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