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Politiques» et les cinq domaines d'action d'Essen
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Politiques» et les cinq domaines d'action d'Essen


Dans tous les Etats membres de l'Union européenne, on attend de la formation professionnelle une amélioration de l'offre de main-d'œuvre entraînant une amélioration de l'accès au marché du travail et une diminution du chômage. Ce numéro de «Politiques» présente ainsi toute une série de programmes de formation professionnelle de divers pays. En Espagne comme en France, l'insertion des jeunes (en France notamment des jeunes chômeurs de longue durée) doit être renforcée par une formation en alternance. En Italie aussi, une initiative vise à faire bénéficier davantage de jeunes d'une formation professionnelle.

L'Autriche favorise pour ce groupe cible tant l'offre que la demande sur le marché des places d'apprentissage. Dans le cadre du projet finlandais de réforme de la politique de l'emploi, l'élément de formation «au poste de travail» est renforcé dans les mesures de création d'emplois. Les chômeurs de longue durée touchent des primes lorsqu'ils se présentent de leur propre initiative à des mesures de formation professionnelle continue. Les allocations d'interruption de carrière en vue d'une formation professionnelle améliorant les perspectives de placement ou d'emploi, révisées en Flandre, existent maintenant aussi aux Pays-Bas. Le gouvernement portugais veut donner aux jeunes la possibilité d'accomplir une formation scolaire ou professionnelle de base, et le programme britannique en faveur de l'emploi («New Deal») accorde lui aussi un rôle primordial à la formation professionnelle.

Les possibilités évoquées d'interruption de l'activité professionnelle constituent l'une des mesures visant à réaliser l'objectif 2 de la stratégie d'Essen en faveur de l'emploi. Le programme de rotation d'emploi et la formule 6+6 qui viennent d'être évalués visent également à augmenter le volume de l'emploi grâce à la flexibilisation du temps de travail.

La flexibilisation du marché du travail n'est pas poursuivie uniquement par des réformes du temps de travail, mais aussi par des contrats de travail flexibles. En Espagne toutefois, le recours aux contrats de travail flexibles a manifestement atteint un plafond, et le gouvernement encourage désormais de plus en plus la stabilité de l'emploi. En Italie par contre, le travail intérimaire est maintenant autorisé. En Finlande, la protection sociale des contrats de travail de brève durée est améliorée, et l'emploi doit y être étendu par la promotion des entreprises de services aux particuliers. Le programme français en faveur des jeunes chômeurs de longue durée prévoit, tout comme le «New Deal» du gouvernement britannique, des possibilités d'emploi subventionné dans le secteur non commercial, avec des activités notamment dans les nouveaux gisements d'emplois tels que l'environnement.

La réduction des charges salariales continue de représenter l'objectif essentiel de l'opération «MARIBEL» belge, qui vient d'être adaptée à la réglementation européenne de la concurrence. Elle constitue aussi un instrument de promotion de l'emploi dans le cadre du programme belge de «transition professionnelle», et elle fait l'objet d'un décret-loi promulgué en mai en Espagne. Le gouvernement luxembourgeois recourt à une bonification d'impôt pour réduire les charges salariales des entreprises qui embauchent des chômeurs.

Enfin, toutes les formules de subventionnement ont des effets positifs sur les charges salariales des entreprises qui embauchent, et ces réductions des charges salariales qui interviennent dans toutes les mesures de politique de l'emploi présentées ici se distinguent moins par leurs objectifs que par leur forme: réduction des charges sociales chez les uns contre subventions salariales forfaitaires ou non forfaitaires chez les autres.

Le projet finlandais de réforme de la politique de l'emploi soulève la question de principe tant des limites de la mise en œuvre de mesures de politique active de l'emploi que de l'articulation et de l'harmonisation des mesures entre elles. Une meilleure coordination associée à une réduction quantitative du volume des mesures contribue, de l'avis des auteurs de la proposition, à rendre plus efficace la politique de l'emploi. L'activation des mesures passives y est aussi proposée. Si les programmes français et (de façon différente) britanniques en faveur de la réduction du chômage des jeunes recourent à des instruments classiques de la panoplie de la politique de l'emploi (subventions salariales et programmes d'insertion), ils font appel dans les deux pays au secteur non commercial pour la réalisation des programmes. Une autre innovation est le renforcement du «suivi» des jeunes (par exemple en Belgique et en France), afin de faciliter la transition vers la vie professionnelle.

L'important chômage des jeunes persiste, ce qui explique la place que donne ce numéro aux mesures en faveur des jeunes. En France (où l'on adopte actuellement, parallèlement aux mesures décrites ici, une grande initiative d'emploi en faveur des jeunes qui prévoit notamment la création de 350.000 emplois pour des jeunes) tout comme en Grande-Bretagne, les mesures se concentrent sur ce groupe cible. L'initiative autrichienne de réforme de l'apprentissage et l'initiative italienne pour l'emploi visent à favoriser les jeunes. Parmi les autres groupes cibles, les chômeurs de longue durée (par exemple dans les programmes de Belgique et des Pays-Bas) et les minorités ethniques (aux Pays-Bas) font l'objet de programmes présentés dans ce numéro de «Politiques».


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