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Campagne en faveur des jeunes chômeurs de longue durée
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Campagne en faveur des jeunes chômeurs de longue durée


Au cours de la Conférence nationale sur l'emploi des jeunes du 10 février 1997, l'ancien gouvernement remplacé en juin a décidé de faire de la lutte contre le chômage de longue durée des jeunes (moins de 25 ans au chômage depuis un an et plus) une mission prioritaire de l'ANPE, en liaison avec les structures du réseau d'accueil des jeunes (missions locales et Permanences d'accueil, d'information et d'orientation - PAIO), dont 320 à ce jour ont reçu le label Espace jeunes, et les autres composantes du service public de l'emploi.

La lutte contre le chômage de longue durée des jeunes vient d'être désignée comme une priorité parmi les priorités. L'objectif est, du 1er mars au 30 septembre 1997, de faire des propositions effectives d'insertion professionnelle adaptées à 120.000 jeunes chômeurs de longue durée (inscrits au chômage depuis au moins 12 mois continus) en France métropolitaine et à 7.400 jeunes dans les Départements d'outre-mer (DOM), et de s'assurer par un suivi pouvant aller jusqu'à trois mois que ces propositions se concrétisent.

L'ANPE est désignée comme maître d'œuvre du dispositif. Ce sont ainsi les Agences locales et ces structures jeunes qui en tant qu'opérateurs recevront les jeunes en vue de leur faire des propositions effectives d'insertion, et qui devront s'assurer par un suivi que l'une de ces propositions se concrétise.

Il ne s'agit pas seulement de recevoir le jeune en entretien et de l'orienter vers une solution en effectuant par exemple une mise en relation ou en l'adressant à un organisme de formation. Il s'agit de s'assurer que l'employeur a effectivement retenu le jeune à l'issue de l'entretien d'embauche, ou que l'organisme de formation l'a sélectionné.

Les solutions d'insertion susceptibles d'être proposées aux jeunes chômeurs de longue durée sont de quatre types:

1. l'accès direct à l'emploi en entreprise, assorti ou non d'une mesure de type Contrat initiative emploi (CIE) ou d'un Stage d'accès à l'emploi (SAE);

2. une formation en alternance sous contrat de travail (contrat d'apprentissage, de qualification, d'orientation ou d'adaptation);

3. un emploi aidé du secteur non marchand: Contrat emploi solidarité (CES) ou Emploi de ville;

4. un stage de formation à la suite duquel un suivi pour le placement est organisé.

Pour certains jeunes, ces propositions ne peuvent être faites immédiatement et des étapes préalables pourront s'avérer nécessaires. Ainsi, les prestations sont des moyens qu'il faut mobiliser, le cas échéant, pour aboutir à des propositions d'insertion. Enfin, certains de ces jeunes en situation particulièrement difficile au plan personnel, familial et social ne pourront sans doute pas se voir proposer une insertion professionnelle immédiate. L'appel à des partenaires mieux à même que l'agence de prendre en charge ces difficultés constituera alors la réponse la mieux adaptée.

Les Préfets, dans le cadre de leur responsabilité globale dans la politique de l'emploi, organiseront la coordination des partenaires porteurs d'offres d'insertion: la Délégation interministérielle à l'insertion professionnelle et sociale des jeunes en difficulté (DIIJ), les missions locales, les Permanences d'accueil, d'information et d'orientation (PAIO), les Espaces jeunes.

Les entreprises doivent également être mobilisées pour cette opération, non seulement par des offres d'emploi qu'elles peuvent offrir aux jeunes et par leur effort pour accroître l'offre de contrats en alternance, mais aussi par la réception en entretien d'un certain nombre d'entre eux par le chef d'entreprise ou un des cadres de l'entreprise afin de les aider dans leur recherche d'emploi, voire d'engager un véritable parrainage.

Le suivi signifie que l'agence ou la structure jeunes aura un contact régulier avec le jeune sur une période pouvant aller jusqu'à trois mois. Pendant la période de suivi, le contact est au minimum mensuel et si possible plus fréquent lorsque les échéances des actions entreprises le nécessitent. Par ailleurs, dans certaines régions, un entretien avec l'employeur peut figurer parmi les démarches qui sont proposées aux jeunes.

Une évaluation de cette opération est programmée dans les mois d'été, avec des résultats communiqués dès septembre.

De mars à fin mai 1997, 91.600 jeunes chômeurs de longue durée (CLD) sont en France métropolitaine entrés dans le dispositif. En décembre 1996, on comptait 120.000 jeunes CLD. Les effets de cette campagne sont visibles dans les chiffres du chômage, puisqu'on compte 98.000 jeunes CLD en janvier 1997, et 88.000 jeunes CLD fin avril 1997.

Depuis le 3 juin 1997, la politique du nouveau gouvernement (créer en deux ans 700.000 emplois pour les jeunes) va donner une impulsion nouvelle à cette opération prévue pour se dérouler jusqu'à fin septembre 1997.


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