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Les emplois jeunes sur le terrain
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Les emplois jeunes sur le terrain


Le programme en faveur de l'emploi des jeunes, mis en place par la loi du 16 octobre 19971, repose sur l'idée qu'il existe en France des besoins essentiels non satisfaits - logement, éducation, santé, sécurité - mais aussi des besoins nouveaux dus à l'évolution de la société: services aux personnes, préservation de l'environnement et du patrimoine, qualité du cadre de vie. Il faut donc répondre à ces besoins pour améliorer la vie collective, développer des services pour mieux vivre ensemble, et ainsi créer des emplois durables.

L'objectif gouvernemental est de faire entrer 350.000 jeunes dans la vie active locale sur cinq ans, dont 150.000 emplois jeunes à fin 1998.

4.2.1.1. Un bilan à mi-juin 1998

A cette date, ils étaient 65.000 jeunes (de 18 à 26 ans, dans certains cas 30 ans) à avoir trouvé un emploi effectif, et avec les 25.000 projets qui ont été déposés, ce sont 105.000 emplois nouveaux qui peuvent déjà être comptabilisés. Le rythme des créations d'emplois est élevé: 1.500 par semaine.

4.2.1.2. Qui sont les jeunes recrutés?

  • - 25% n'ont pas de qualification ou au plus un certificat d'aptitude professionnelle, et 50% le niveau du baccalauréat (fin d'études secondaires),
  • - 70% étaient inscrits à l'agence pour l'emploi,
  • - l'âge moyen est de 23 ans.

    4.2.1.3. Par qui sont-ils embauchés?

    De nouveaux emplois sont créés par des associations et des collectivités locales (communes, départements, régions, etc.), pour des activités n'entrant pas dans leurs compétences traditionnelles et non assurées jusqu'à présent2. Mais la mobilisation en faveur des jeunes a également été nationale: 33.000 jeunes travaillent dans l'Education nationale, et 5.000 comme adjoints de sécurité dans la police.

    4.2.1.4. Pour quels emplois?

    Il n'y a pas de liste d'activités ou de métiers définis par avance, mais seulement les critères suivants: répondre à des besoins émergeants ou insuffisamment satisfaits, ne pas concurrencer des services déjà assurés par les secteurs marchand ou non marchand, et présenter un caractère d'utilité sociale.

    4.2.1.5. Quelques exemples d'emplois jeunes

  • - A Brest, une association («Vivre la Ville») qui regroupe les transports urbains et l'EDF/GDF (compagnies nationales de gaz et d'électricité) a embauché 6 jeunes, avec pour missions de sécuriser et d'informer les voyageurs, de conseiller les habitants des quartiers sensibles sur les économies qu'ils peuvent réaliser dans les domaines de l'énergie, sur le détail des factures d'électricité ou de gaz, sur les règles de sécurité, etc.
  • - A Mont-de-Marsan (Landes), une association a recruté un jeune pour mettre en place des réseaux de communication à distance pour les élèves malades qui ne peuvent aller à l'école, et pour les handicapés, en lien avec les écoles.
  • - A Montpellier (Hérault), 11 jeunes sont chargés de recevoir, dans un espace relais adapté, des personnes âgées qui vivent à leur domicile, mais dont la validité est réduite.
  • - Dans le Vaucluse, une association a engagé des jeunes pour accompagner les victimes de délits dans leurs démarches auprès de la police et des tribunaux.
  • - Une commune d'Alsace emploie 21 jeunes pour mettre en valeur le patrimoine culturel et écologique de la région.

    4.2.1.6. L'implication de la dynamique locale

    Le succès de ce programme repose sur l'implication des différents acteurs locaux; on est ainsi passé d'une «logique de guichet» (où le jeune venait à l'agence consulter les offres d'emploi) à une logique de projet dans laquelle le jeune va pouvoir définir et développer son projet avec l'aide des acteurs locaux auxquels l'Etat a confié la recherche et la mise en place des activités nouvelles: au niveau de chaque bassin d'emploi, les maires et les collectivités locales ont un rôle essentiel à jouer. Ce sont les préfets de département qui décident du conventionnement des dossiers et de l'octroi de l'aide de l'Etat3, selon le respect des critères fixés.

    4.2.1.7. L'enjeu majeur: la pérennisation

    Au-delà des cinq ans, certains emplois trouveront une «solvabilité» et ils seront donc naturellement pris en charge par le marché et les usagers du service. D'autres employeurs, au contraire, ne pourront pas financer seuls le maintien des jeunes sous contrat. C'est pourquoi ils doivent rechercher des partenaires financiers susceptibles de relayer le financement de l'Etat.

    Mais la pérennisation se prépare en amont: c'est la réalité des besoins, l'adéquation des profils des jeunes au poste de travail, la qualité de l'activité des jeunes et leur professionnalisation qui seront autant d'éléments favorisant la pérennisation de ces nouvelles activités.

    Le souci de la pérennisation est manifeste: plus de la moitié des associations embauchent les jeunes en contrat à durée indéterminée, signe tangible qu'elles anticipent cette pérennisation.


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