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Politiques nationales du marché du travailInforMISEP Politiques
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| D | F | I | NL | B | UK | IRL | GR | E | P | |
| Sans travail | ||||||||||
| 1983 | 15,0 1) | 12,5 | 13,2 | 20,6 2) | 16,4 | 16,0 | 17,2 | 16,0 | 19,43 | 12,7 3) |
| 1994 | 15,5 | 16,5 | 17,2 | 17,2 | 19,6 | 18,9 | 22,3 | 17,6 | 20,1 | 11,0 |
| Mixtes | ||||||||||
| 1983 | 32,5 | 30,6 | 47,4 | 39,1 | 41,8 | 30,1 | 47,3 | 46,3 | 54,5 | 38,3 |
| 1994 | 25,6 | 27,9 | 42,8 | 27,0 | 28,8 | 18,6 | 36,9 | 38,9 | 48,1 | 32,6 |
| Tous travaillent | ||||||||||
| 1983 | 52,5 | 56,9 | 39,4 | 40,3 | 41,8 | 53,9 | 35,5 | 37,7 | 26,2 | 49,0 |
| 1994 | 58,9 | 55,7 | 40,0 | 55,7 | 51,6 | 62,1 | 40,9 | 43,5 | 31,8 | 56,4 |
| Pourcentage de ménages sans travail avec des enfants | ||||||||||
| 1984 | 7,4 | 6,0 | 4,3 | 11,4 | 7,8 | 15,6 | 16,6 | 7,3 | 12,4 | 6,7 |
| 1994 | 8,9 | 8,8 | 7,7 | 10,7 | 10,7 | 20,6 | 19,8 | 5,6 | 12,8 | 4,9 |
| Taux d'emploi | ||||||||||
| 1983 | 61,9 | 59,6 | 53,9 | 51,8 | 54,1 | 65,3 | 52,3 | 54,9 | 45,3 | 64,4 |
| 1994 | 65,5 | 59,0 | 51,2 | 63,7 | 55,9 | 66,5 | 52,6 | 53,9 | 45,0 | 66,5 |
Source: Eurostat. - 1 = données de 1984; 2 = données de 1985; 3 = données de 1986.
| D | F | I | NL | B | UK | IRL | GR | E | P | |
| 1 adulte, sans enfants | ||||||||||
| Proportion | 0,33 | 0,28 | 0,23 | 0,31 1) | 0,27 | 0,26 | 0,21 | 0,24 | 0,18 2) | 0,17 2) |
| Taux sans | ||||||||||
| travail | 0,30 | 0,35 | 0,41 | 0,36 | 0,41 | 0,32 | 0,40 | 0,45 | 0,46 | 0,36 |
| 1 adulte, avec enfants | ||||||||||
| Proportion | 0,04 | 0,05 | 0,02 | 0,03 | 0,04 | 0,08 | 0,05 | 0,02 | 0,02 | 0,04 |
| Taux sans | ||||||||||
| travail | 0,38 | 0,34 | 0,34 | 0,58 | 0,48 | 0,60 | 0,73 | 0,38 | 0,46 | 0,25 |
| 2 adultes, sans enfants | ||||||||||
| Proportion | 0,27 | 0,29 | 0,22 | 0,30 | 0,24 | 0,27 | 0,18 | 0,24 | 0,19 | 0,22 |
| Taux sans | ||||||||||
| travail | 0,09 | 0,11 | 0,16 | 0,09 | 0,17 | 0,08 | 0,15 | 0,15 | 0,21 | 0,09 |
| 2 adultes, avec enfants | ||||||||||
| Proportion | 0,26 | 0,32 | 0,31 | 0,27 1) | 0,31 | 0,29 | 0,39 | 0,33 | 0,35 2) | 0,34 2) |
| Taux sans | ||||||||||
| travail | 0,03 | 0,05 | 0,06 | 0,06 | 0,06 | 0,11 | 0,15 | 0,04 | 0,12 | 0,03 |
| 3 adultes, sans enfants | ||||||||||
| Proportion | 0,08 | 0,08 | 0,19 | 0,08 | 0,12 | 0,07 | 0,11 | 0,14 | 0,18 | 0,16 |
| Taux sans | ||||||||||
| travail | 0,04 | 0,06 | 0,09 | 0,03 | 0,06 | 0,06 | 0,10 | 0,08 | 0,11 | 0,03 |
| 3 adultes, avec enfants | ||||||||||
| Proportion | 0,02 | 0,02 | 0,03 | 0,01 | 0,02 | 0,02 | 0,07 | 0,03 | 0,07 | 0,06 |
| Taux sans | ||||||||||
| travail | 00,4 | 0,09 | 0,07 | 0,09 | 0,10 | 0,09 | 0,10 | 0,04 | 0,09 | 0,02 |
Source: Eurostat. - 1 = données disponibles uniquement pour 1985; 2 = données disponibles uniquement pour 1986.
On pourrait avancer que ces tendances n'indiquent pas qu'il y ait un véritable problème d'inactivité. La tendance pour les ménages à être constitués de moins d'adultes que par le passé réduit les chances qu'une personne qui se retrouve au chômage soit alors prise en charge par un autre membre du ménage qui a du travail. Peut-être faut il rechercher là, et non pas dans une dégradation de la performance du marché du travail, la raison de l'augmentation du nombre de ménages sans travail. C'est la désagrégation des structures familiales traditionnelles, et non pas l'absence de travail, qui va de pair avec un nombre élevé de ménages sans travail.
Supposons plutôt que le nombre de ménages sans travail soit en rapport direct avec la situation économique, augmentant en période de crise et diminuant en période d'essor. Plus l'évolution du nombre de ménages sans emploi qui s'explique ainsi est importante, plus les décideurs politiques doivent s'inquiéter que le ménage sans travail constitue un nouveau problème du marché du travail venant s'ajouter aux critères existants de mesure de l'exclusion sociale.
Quelle est donc l'explication la plus valable? Le tableau 2 montre la proportion de différents types de ménages parmi la population en même temps que leurs taux de ménages sans travail. La Grande-Bretagne a la plus grande proportion de ménages monoparentaux et, avec les Pays-Bas, la plus faible proportion de ménages comptant trois adultes ou plus. Des pays comme l'Espagne, l'Italie et le Portugal ont les taux les plus faibles de ménages constitués d'un seul adulte et les taux les plus élevés de ménages de trois adultes ou plus. Or, les taux de ménages sans travail sont respectivement les plus élevés et les plus faibles pour ces types de ménages. Il est donc possible que toute évolution vers des ménages comportant moins d'adultes fasse progresser le taux de ménages sans travail.
Considérons maintenant l'autre hypothèse. La figure 1 présente le changement du taux d'emploi entre 1984 et 1994 en même temps que le changement du taux de ménages sans travail dans les différents pays. Se peut-il vraiment qu'il n'y ait aucun rapport entre les deux? L'Italie présente le changement le plus défavorable du taux de ménages sans travail et les plus mauvais résultats en matière de création d'emplois pendant la période considérée, tandis que les Pays-Bas accusent la meilleure performance de création d'emplois et la baisse la plus marquée chez les ménages sans travail. La Grande-Bretagne et la Belgique se distinguent en ce que ces deux pays ont davantage de ménages sans travail qu'ils ne devraient en avoir eu égard à 'évolution de l'emploi.
Notre étude montre par ailleurs que depuis 1975 en Grande-Bretagne, un quart seulement de l'augmentation du taux des ménages sans travail peut s'expliquer par des changements de la composition des ménages (la variation inter-groupes). Le reste s'explique par une augmentation de la concentration de l'inactivité dans chaque type de ménage (la variation intra-groupes). C'est ainsi par exemple que la proportion de ménages sans travail de 2 adultes est passée de 3 à 11% entre 1975 et 1994. La population des ménages sans travail a augmenté non seulement parce qu'il existe davantage de ménages plus petits, mais aussi parce qu'elle est directement associée à l'évolution économique. Il est vrai que si cette analyse débutait au milieu des années 80, la croissance des ménages plus petits (variation inter-groupes) aurait un plus grand poids. Mais le tableau 3 montre que pour la moitié des 10 pays pendant cette période, la composante de la variation intra-groupes explique l'essentiel de l'évolution du nombre de ménages sans travail6.
Il est donc exact que des pays comme l'Espagne et l'Italie ont une proportion plus faible de ménages d'une seule personne que la Grande-Bretagne et que ceci peut expliquer en partie la différence du taux de ménages sans travail que l'on constate d'un pays à l'autre. Il serait toutefois erroné d'en déduire que ceci explique tout et que le ménage sans travail est en corrélation avec l'évolution économique. Une simple régression de l'évolution du taux de ménages sans travail (dw) par rapport à l'évolution du taux d'emploi (dE) aboutit à des coefficients estimés à
dw = 1,44 - 0,43 * dE (1).
Le premier terme signifie que, parmi les pays étudiés7, l'augmentation moyenne du taux de ménages sans travail entre 1984 et 1994 a été de 1,44 point de pourcentage. Le second terme indique que pendant cette période, il a fallu une augmentation de 3,5 points de pourcentage du taux d'emploi pour maintenir à un niveau constant le taux de ménages sans travail (3,5 * -0,43 = -1,5). Les pays dont l'évolution économique était meilleure ont réduit leur taux de ménages sans travail. Des régressions similaires dans lesquelles l'évolution du taux d'emploi est remplacée (a) par l'évolution du taux intra-groupes et (b) par l'évolution du taux inter-groupes aboutissent à des coefficients respectifs de
0,28 - 0,43 * dE (2)
et
1,30 - 0,02 * dE (3).
L'équation (2) confirme que seuls les changements intra-groupes du taux de ménages sans travail sont en corrélation avec le cycle économique, mais l'équation (3) confirme qu'il y a eu dans la proportion inter-groupes de ménages sans travail une augmentation de tendance de 1,3 point de pourcentage indépendante de l'évolution économique. En analyse globale, on peut en conclure que les pays qui ne parviennent pas à faire progresser l'emploi suffisamment pour enrayer l'augmentation du nombre de ménages sans travail qui résulte de la tendance vers des types de ménages plus petits (par exemple ménages d'un seul adulte et ménages monoparentaux) présenteraient une augmentation du taux de ménages sans travail.
| D | F | I | NL | B | UK | IRL | GR | E | P | |
| Inter- | ||||||||||
| groupes | 0,53 | 0,88 | 1,34 | 1,30 | 4,38 | 2,82 | 1,05 | 1,92 | 1,02* | 0,83* |
| Intra- | ||||||||||
| groupes | 0,01 | 2,09 | 2,25 | -4,39 | -0,48 | 0,12 | 2,42 | -0,85 | -0,25 | -2,53 |
| Inter- | ||||||||||
| action | -0,02 | 0,05 | -0,16 | -0,27 | -0,81 | -0,04 | 0,22 | 0,14 | -0,07 | -0,05 |
| Evolution | ||||||||||
| totale | ||||||||||
| (points de | ||||||||||
| pourcentage) | 0,51 | 3,02 | 3,43 | -3,36 | 3,09 | 2,90 | 3,69 | 1,21 | 0,70 | -1,75 |
Source: Eurostat.
Entre 1983 et 1994, le rapport moyen activité-population dans l'ensemble des 13 pays considérés dans cette étude a augmenté de tout juste plus d'un point. En même temps, le taux moyen de ménages sans travail a lui aussi augmenté d'un point. Un ménage sur sept ne comporte aujourd'hui aucun adulte actif. Ceci signifie que dans de nombreux pays, la croissance de l'emploi ne se répartit pas uniformément sur tous les ménages. Ce sont de façon disproportionnée des personnes appartenant à un ménage où un adulte travaille déjà qui occupent les nouveaux emplois.
Les choses diffèrent d'un pays à l'autre. Dans certains pays, l'augmentation du taux d'absence de travail pendant la période considérée est causée par une croissance de la proportion des groupes fortement menacés dans la population des ménages (par exemple adultes seuls sans enfants). D'autres pays ont enregistré une croissance des ménages sans travail dans tous les types de ménages. Les pays qui ont eu la meilleure évolution économique ont obtenu des diminutions de l'absence de travail dans tous les types de ménages grâce à une expansion de l'emploi qui a suffi à contrebalancer l'effet de la composition des ménages. Mais l'expérience de pays comme le Royaume-Uni montre que même un taux constant d'emploi pendant la période considérée peut aboutir à une polarisation de l'emploi, si bien qu'il serait erroné de conclure que ces problèmes disparaîtraient avec une expansion économique générale.
Pour parvenir à stopper l'augmentation du nombre de ménages sans travail, les économies doivent d'une façon générale accélérer l'allure de la croissance de l'emploi. En moyenne, il aurait fallu pendant la période considérée une augmentation de 3,5 points de pourcentage du rapport activité-population pour éviter une augmentation du taux de ménages sans travail. A défaut de faire le nécessaire, on aboutira à une aggravation de l'inégalité des revenus et à une augmentation de la dépendance vis-à-vis des prestations sociales. C'est peut-être à la nature de la création d'emplois, à la répartition des qualifications parmi les ménages de même qu'à l'évolution économique et à la composition des familles que ces effets sont imputables. Il sera sans doute plus facile de mieux appréhender cet aspect important du marché du travail dès lors que l'on disposera pour les divers pays de données plus désagrégées sur les caractéristiques des ménages, les caractéristiques des emplois et surtout la dynamique du marché du travail.
Gregg, P. & J. Wadsworth (1996a): «More Work in Fewer Households?» In: J. Hills (éd.): New Inequalities. Cambridge: Cambridge University Press.
Gregg, P. & J. Wadsworth (1996b): It Takes Two: Employment Polarisation in the OECD. Discussion Paper n° 304. Londres: Centre for Economic Performance, London School of Economics.
OCDE (1992, 1994, 1995, 1998): Perspectives de l'emploi. Paris: OCDE.
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