Politiques» et l'évolution des Lignes directrices pour l'emploi
Politiques» et l'évolution des Lignes directrices pour l'emploi
Le dernier numéro de «Politiques» (n° 65) présentait l'évolution des Lignes directrices pour l'emploi et leurs nouveaux accents. On les retrouve dans les Plans d'action nationaux (PAN); certaines des mesures exposées dans ce numéro se réfèrent explicitement aux PAN des pays concernés.
Les mesures présentées ici relèvent pour la plupart du premier pilier des Lignes directrices pour l'emploi en 1999, améliorer la capacité d'insertion professionnelle. C'est ainsi que le troisième contrat de progrès, en France, met particulièrement l'accent sur la lutte contre le chômage des jeunes et la prévention du chômage de longue durée dans le cadre du «nouveau départ» (Lignes directrices 1 et 2). Les projets expérimentaux menés aux Pays-Bas dans le cadre du dispositif des prestations de chômage sont en relation directe avec les stratégies de prévention du chômage de longue durée. En Autriche, Le PAN est articulé dans le système d'objectifs du Service de l'emploi (AMS); ceci concerne en particulier les Lignes directrices 1 et 2. Les mesures arrêtées par le gouvernement fédéral autrichien début 1999 et pour partie déjà mises en oeuvre visent également à l'activation supplémentaire des chômeurs (de longue durée) de même qu'à l'intensification de l'indice de placement de l'AMS.
L'objectif de passer des mesures passives à des mesures actives fait partie intégrante de divers trains de mesures comme celui du contrat de progrès français. Le nouveau programme pilote «Single Work-Focused Gateway» du Royaume-Uni vise lui aussi à améliorer la capacité de placement. Il convient de citer encore dans ce contexte l'obligation faite aux Pays-Bas aux bénéficiaires plus âgés d'allocations de chômage ou d'un revenu social minimum de s'inscrire comme demandeurs d'emploi auprès du service de l'emploi, afin d'augmenter le taux d'activité professionnelle.
La volonté d'encourager une approche de partenariat joue un rôle important dans les objectifs de «l'Alliance pour l'emploi» conclue en Allemagne; les mesures arrêtées début 1999 en Autriche visent elles aussi à l'extension des mesures de qualification dans trois domaines (applications informatiques, services sociaux et développement informatique) (cf. Ligne directrice 6). L'objectif de la Ligne directrice 8 joue lui aussi un rôle important dans «l'Alliance pour l'emploi» allemande; la réforme fiscale 2000 d'Autriche offre par ailleurs des incitations fiscales en faveur de la formation professionnelle initiale et continue.
La nouvelle priorité du premier pilier des Lignes directrices pour l'emploi en 1999 (promouvoir un marché du travail ouvert à tous, Ligne directrice 9) se reflète nettement dans les mesures des différents États membres présentées dans ce numéro. C'est ainsi qu'a été mis en place en Grèce un programme intégré à l'intention des personnes menacées d'exclusion du marché du travail. En Espagne, le programme des ateliers d'emploi s'adresse aux chômeurs de plus de 25 ans confrontés à des difficultés particulières sur le marché du travail. À Londres, la nouvelle agence d'emploi «Workbridge» doit fournir aux déficients visuels et aux aveugles une aide individuelle pour éliminer les obstacles à l'emploi. C'est dans un certain sens aussi de cet objectif que relève le nouveau programme destiné au Royaume-Uni à améliorer la capacité d'insertion des partenaires de chômeurs bénéficiaires de prestations.
C'est dans le cadre du deuxième pilier des Lignes directrices pour l'emploi en 1999 que s'inscrivent les mesures visant à exploiter les nouvelles possibilités de création d'emplois. Les Pays-Bas rendent compte du succès du programme EWLW («40.000 emplois»), qui a pour objectif de créer des emplois dans les communes et dans le secteur des soins (Ligne directrice 12). Le programme portugais «Culture/emploi» de même que le programme pilote mené dans la région d'Alentejo dans le domaine des services à domicile pour les personnes requérant des soins constituent d'autres exemples de la mise en oeuvre de cette Ligne directrice. Il convient de noter encore ici le programme belge de chèques-service dans le secteur de la peinture et du tapissage. Le programme spécial autrichien «New Start» vise lui aussi à la création de nouveaux emplois permanents dans le secteur des services. Ce programme autrichien est de plus grande envergure que ceux des autres pays; il englobe aussi des domaines tels que les «nouveaux médias» de même que les conseils en énergie, c'est-à-dire des services proches de l'industrie.
Deux mesures seulement s'inscrivent dans le cadre du troisième pilier; le dispositif portugais «Rotation emploi-formation» relève de la Ligne directrice 16, qui fait expressément état des dispositions d'interruption de carrière et de formation continue. La réorientation de l'AMS sur les objectifs du PAN se réfère explicitement à cette Ligne directrice, mais aussi à la Ligne directrice 18.
Il en va de même de la Ligne directrice 19, qui relève du quatrième pilier. L'importance que cet objectif continue de revêtir est mise en évidence par une évaluation autrichienne de mesures bénéficiant du concours du FSE menée dans la perspective de la réalisation de l'égalité des chances entre femmes et hommes. Elle révèle que la participation des salariées est inférieure à la moyenne et que l'on observe une ségrégation selon les sexes pour ce qui est des contenus de qualification. Une étude finlandaise sur la réduction du temps de travail dans les communes montre en revanche que cette réduction a des effets positifs, permettant de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale (Lignes directrices 16 et 21).
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