Projets communaux de réduction du temps de travail: une amélioration de la vie quotidienne des travailleurs
Projets communaux de réduction du temps de travail: une amélioration de la vie quotidienne des travailleurs
L'effet le plus positif de la réduction du temps de travail est qu'elle permet aux travailleurs de mieux gérer leur travail et de mieux concilier travail et vie familiale. Tel est le résultat d'une étude menée par le Ministère finlandais du travail sur les effets de la réduction du temps de travail sur les salaires de même que sur la vie quotidienne et les loisirs des travailleurs.
Des études de suivi ont évalué des projets expérimentaux de réduction du temps de travail menés en 1997/1998 dans 19 municipalités finlandaises. Les employés municipaux ont réduit leur temps de travail, des demandeurs d'emploi étant recrutés pour pourvoir les unités de travail ainsi devenues vacantes. Le temps de travail des employés a été réduit de 20 %, le niveau salarial baissant de 7 à 8 %. Certains des employés travaillaient six heures par jour, d'autres optant pour la semaine de quatre jours et d'autres encore travaillant 3 semaines par mois. Le lien était manifeste entre la formule retenue pour la réduction du temps de travail et la réduction de salaire fixée par des accords locaux. La journée de six heures entraînait une baisse de salaire moindre que la semaine de quatre jours ou le mois de trois semaines (cf. «Politiques» n° 59, p. 22-23).
La majorité des projets expérimentaux ont été menés dans les services municipaux sociaux et sanitaires, où la gestion du travail est considérée comme problématique et où l'âge moyen des employés a augmenté du fait d'une relève insuffisante. L'âge moyen des employés qui ont réduit leur temps de travail était de 43,7 ans. Comme les personnes recrutées pour les projets expérimentaux avaient neuf ans de moins, il en a résulté un rajeunissement du personnel ressenti comme très positif.
Dans certaines municipalités, les heures d'ouverture des services sociaux et sanitaires ont été étendues en soirée et en fin de semaine par un système de plusieurs postes de 6 heures. Il s'agissait en même temps de rendre les horaires de travail plus flexibles en fonction des besoins des clients.
L'étude a procédé à une comparaison des effets de différentes formules de réduction des horaires hebdomadaires sur divers facteurs tels que la lassitude au travail, l'aménagement des loisirs et l'organisation du travail. Il y avait parmi les participants aux projets expérimentaux de nombreux parents d'enfants en bas âge, qui voulaient consacrer davantage de temps à leur famille. La gestion du travail s'est trouvée allégée notamment pour les personnes qui réduisaient leur temps de travail journalier. Les périodes réduites de travail en «horaires anormaux» constituent une solution de compromis entre temps de travail plus flexible et vie familiale.
Les municipalités participant aux projets expérimentaux visaient souvent à ce que les économies résultant des réductions de salaire et la prime accordée par l'État au titre du projet couvrent les dépenses occasionnées par le recrutement. La prime de l'État représentait 50 % des dépenses salariales et des cotisations de sécurité sociale dues au recrutement. C'est en général un nouvel employé qui a été recruté pour trois personnes réduisant leur temps de travail. Les projets expérimentaux ont porté sur 1.300 employés, tandis que 580 chômeurs étaient recrutés.
L'étude, financée par le Ministère du travail, a été menée à l'Université de Jyväskulä par les chercheurs Timo Anttila et Paula Tyrväinen.
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