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Politiques nationales du marché du travail

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4.1. Les nouvelles formes d'emploi indépendant

Travailler pour son propre compte, c'est de moins en moins être le patron de petite ou moyenne entreprise tel qu'on le connaissait il y a quelques dizaines d'années. Ce n'est plus aujourd'hui l'entreprise artisanale ou industrielle qui caractérise le travail indépendant, mais la multitude d'entrepreneurs indépendants qui exercent leur activité dans le secteur des services. Leur compétence en matière technique, juridique ou économique semble constituer le fondement du succès économique des indépendants modernes bien davantage que les équipements dont ils sont dotés. Par ailleurs, la persistance en Allemagne d'un taux élevé de chômage fait, pour les salariés et les chômeurs, de l'emploi indépendant une alternative à l'emploi salarié. Le nombre croissant d'indépendants et notamment d'indépendants sans personnel salarié a entraîné un vif débat sur la notion d'emploi indépendant. Les temps ne sont plus où l'on pouvait tracer entre emploi salarié et emploi indépendant une nette ligne de démarcation.

4.1.1. Formes d'emploi indépendant

La délimitation entre activité indépendante et activité salariée n'est définie par aucune loi, et elle est opérée de façon différente par le droit du travail et le droit de la sécurité sociale (cf. tableau 1). En droit du travail, c'est la définition de la notion de travailleur salarié qui est décisive, tandis que le droit social se base sur le rapport d'emploi.

Un salarié est dans un rapport de dépendance personnelle et économique vis-à-vis de l'employeur (Worch 1994; Dietrich 1996). C'est le degré de dépendance personnelle qui est décisif. Le droit allemand du travail connaît toutefois aussi la catégorie des «personnes apparentées aux salariés», qui, sans être salariées, sont toutefois économiquement dépendantes et dont la situation rend donc nécessaire une protection. Ce sont:

  • - les travailleurs à domicile et personnes apparentées, qui exécutent des activités simples (à titre croissant également sous la forme du télétravail) dans leur logement ou leur propre atelier et ne commercialisent pas eux-mêmes les résultats de leur travail. Pour la nécessité de la protection sociale, c'est la faiblesse des investissements propres et du chiffre d'affaires qui est décisive;
  • - les collaborateurs externes (freie Mitarbeiter), qui travaillent au titre de contrats de service et d'ouvrage en règle générale pour un seul client. On trouve ces collaborateurs externes surtout dans les secteurs des médias et des logiciels.

    Le droit du travail ne distingue que deux types d'actifs: indépendants et non indépendants. A quelques exceptions près, seuls les non indépendants ont accès aux systèmes de sécurité sociale.

    La ligne de démarcation entre «personnes apparentées aux salariés» et indépendants est en réalité floue. Comme une partie des «nouveaux indépendants» accusent un degré très élevé de dépendance économique vis-à-vis d'un client, le problème de la «pseudo-indépendance» est de plus en plus discuté. Il ne s'agit pas seulement des activités «simples» comme la saisie de textes, mais aussi d'activités qui requièrent un haut niveau de qualification.

    Dans le contexte de la progression du travail indépendant et de la désagrégation du salariat, il convient de signaler aussi la croissance de l'économie parallèle. Alors que le secteur informel représentait encore en 1975 en Allemagne de l'Ouest 5% du produit intérieur brut, sa part était en 1997, selon les dernières estimations, de 15% pour l'ensemble de l'Allemagne. On considère que l'économie parallèle a connu surtout ces dernières années de forts taux de croissance (Dichmann 1998, p. 56).

    4.1.2. Tableau 1: Application des dispositifs de protection du droit du travail et du droit social

    Tableau 1: Application des dispositifs de protection du droit du travail et du droit social à différentes formes d'activité salariée et indépendante
    Salariés Personnes apparentées aux Indépen-
    salariés dants
    Travailleurs Collaborateurs
    à domicile externes
    Droit individuel du travail oui en partie, cf. non non
    (protection contre les loi sur le
    licenciements, droits des travail à
    congés, etc.) domicile
    Droit des conventions oui oui oui non
    collectives
    Droit de la sécurité oui oui non non
    sociale

    4.1.3. Evolution de l'emploi indépendant

    En 1997, près de 10% de la totalité des actifs d'Allemagne exerçaient une activité indépendante, soit 3,5 millions de personnes. Il s'agit selon la définition du micro-recensement des indépendants et des collaborateurs externes. Les travailleurs à domicile, quant à eux, sont classés avec les salariés. La proportion d'indépendants sur l'ensemble des actifs a donc augmenté à nouveau pendant les années 90 après avoir commencé par baisser suite à l'unification allemande (figure 1). Entre 1991 et 1997, le nombre d'indépendants a selon les résultats du micro-recensement augmenté d'environ 500.000. Un tiers de cette augmentation est intervenue dans les nouveaux Länder et à Berlin-Est, ce qui témoigne du processus de rattrapage économique de l'Allemagne de l'Est.

    La progression de l'emploi indépendant en Allemagne s'accompagne d'une très forte dynamique dans la création et la fermeture de petites entreprises. Selon les calculs de l'Institut allemand de recherche économique DIW, ce sont depuis le début des années 90 plus de 2 millions de personnes au total qui pour la première fois se sont mises à leur compte (DIW 1998)1, tandis qu'on enregistrait tans le même temps 1,5 million de cessations d'activité. Cependant, les deux tiers des fermetures en Allemagne de l'Ouest concernaient des entreprises qui avaient été créées avant le début des années 90. Les données de flux fournissent certains indices de considérables mutations structurelles dans le domaine de l'activité indépendante et mettent en évidence l'importance des nouvelles créations davantage que ne le font les modifications des données de stocks.

    La moitié environ des indépendants travaillent seuls (tableau 2). L'augmentation disproportionnée des entreprises unipersonnelles (figure 1) résulte d'une part de la dégradation des perspectives d'emploi des salariés, mais reflète d'autre part aussi le fait que de plus en plus, les indépendants s'orientent sur les services. Un examen différencié montre toutefois que non seulement le nombre des entreprises unipersonnelles, mais aussi celui des indépendants employant plus de quatre salariés, ont augmenté de façon supérieure à la moyenne (Pfeiffer 1998b).

    Les créations d'entreprises entraînent généralement de nets gains d'emplois. Selon une étude de l'Institut de recherche sur l'emploi et les professions (IAB), 34% seulement des entreprises créées avant 1983 en Allemagne de l'Ouest survivaient au bout de dix ans, mais celles qui ont réussi ont doublé leurs effectifs pendant cette période. En moyenne, chaque création d'entreprise réussie a créé 3,8 emplois supplémentaires. Même compte tenu des pertes d'emplois résultant des cessations d'activité, les créations d'entreprises de l'année 1983 se soldent par une croissance de l'emploi de 38% (Bellmann et al. 1996). En Allemagne de l'Est, les gains d'emplois étaient bien plus élevés encore. Parmi les entreprises créées en 1991, 60% survivaient au bout de quatre ans et avaient alors en moyenne cinq salariés supplémentaires (Brixy & Kohaut 1997).

    Exception faite de l'agriculture, c'est dans le secteur des services que l'emploi indépendant est le plus répandu. Le nombre des indépendants dans le secteur des services a progressé rien qu'entre 1991 et 1997 de 28%, tandis qu'il n'augmentait sur la même période que de 8% dans le secteur manufacturier (Statistisches Bundesamt 1993, 1998). Un tiers des nouvelles créations d'entreprises en Allemagne de l'Ouest sont depuis le début des années 90 le fait des professions libérales (DIW 1998). Dans le domaine des services secondaires, l'activité indépendante a particulièrement augmenté, parallèlement aux activités classiques de conseil telles que consulting fiscal ou de gestion, dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication (par exemple développement de logiciels). C'est sinon surtout dans le secteur du commerce et de l'hôtellerie/restauration que l'emploi indépendant est traditionnellement répandu. Au cours des dix dernières années, la proportion d'indépendants dans le secteur des services a progressé pour passer de 59% à 69%, tandis qu'elle baissait légèrement dans le secteur manufacturier (de 24% à 22%). Les pourcentages ont fortement baissé dans le secteur de l'agriculture (Statistisches Bundesamt 1988, 1998).

    Le nombre des femmes exerçant une activité indépendante a entre 1991 et 1997 augmenté de 180.000, soit 23%, et donc bien davantage que celui des hommes (+14%) (Statistisches Bundesamt 1983, 1998). Les femmes ne représentaient toutefois en 1997 encore qu'un peu plus du quart de la totalité des indépendants. Parmi les indépendants n'employant pas de salariés, le taux de femmes était d'un tiers. Les femmes travaillent souvent dans le secteur des services, tandis que les entreprises manufacturières et agricoles sont en majorité exploitées par des hommes (tableau 2).

    Parmi les personnes qui se sont mises à leur compte depuis le début des années 90, 14% en moyenne en Allemagne de l'Ouest et 16% en Allemagne de l'Est étaient auparavant inscrites au chômage (DIW 1998). Les anciens chômeurs qui ont lancé leur propre entreprise avec le soutien de l'agence pour l'emploi l'ont fait en proportions égales dans le secteur des services primaires ne requérant que des qualifications plutôt faibles et dans le secteur des services secondaires ou des professions libérales2. Cette dernière catégorie requiert une formation approfondie, souvent universitaire, l'intéressé étant un véritable expert dans son domaine (Wießner 1997c). Un aspect notable est que c'est de la formation ou de l'inactivité que venaient près d'un tiers de tous les nouveaux indépendants ouest-allemands: manifestement, on opte pour l'emploi indépendant aussi en vue d'opérer son insertion ou sa réinsertion professionnelle (DIW 1998).

    L'emploi pseudo-indépendant représente, selon la définition qui en est donnée, entre 1% et 4% des actifs (Dietrich 1996). Selon une étude empirique de l'Institut de recherche sur l'emploi et les professions, on trouve dans la zone de flou entre emploi indépendant et non indépendant surtout les professions techniques et commerciales, les publicistes et les interprètes, les enseignants, les professions des sciences humaines et naturelles de même que les professions des soins corporels et de l'hôtellerie/restauration (Dietrich 1996).

    4.1.4. Figure 1: Evolution du travail indépendant, dont entreprises pluripersonnelles et unipersonnelles (en % de l'ensemble des actifs)

    Source: Office fédéral de la statistique (1988, 1993, 1998).

    4.1.5. Tableau 2: Indépendants par secteur, type d'entreprise et sexe

    Tableau 2: Indépendants (sans aides familiaux) par secteur, type d'entreprise (sans ou avec salariés) et sexe - résultats du micro-recensement de 1997

    Indépendants Indépendants Indépendants Pourcentage
    en en % sans salariés de femmes
    milliers des actifs en % de parmi les
    l’ensemble des indépendants
    indépendants
    Agriculture 325 31,0 68,6 15,7
    Industries de production 778 6,3 36,8 11,6
    Commerce, hôtellerie/ 1.088 13,3 43,5 32,0
    restauration et transports
    Autres services 1.337 9,4 57,7 35,3
    Total 3.528 9,9 49,7 27,2

    Source: Office fédéral de la statistique (1998).

    4.2. Analyse et évaluation

    L'importance croissante de l'emploi indépendant est liée tant aux changements que subit la structure économique qu'à la désagrégation du rapport traditionnel de salariat. Cette évolution est favorisée par les facteurs suivants:

  • - face à l'aggravation de la concurrence internationale, les entreprises mettent au point des stratégies d'optimisation de l'utilisation des capacités et des coûts, recourant à des formules telles que l'externalisation, les réductions d'effectifs, la sous-traitance. Ce ne sont plus simplement des activités simples standardisées qui sont confiées à des contractants, mais aussi des tâches hautement qualifiées, comme le montre le renforcement du consulting économique et juridique ou de l'externalisation dans le secteur de l'informatique (Dostal 1995). L'externalisation peut résulter tant d'un coût élevé du travail et d'une réglementation excessive du marché du travail que de pures considérations d'efficience;
  • - on peut observer dans les entreprises une tendance à réduire la taille des unités et à les rendre plus flexibles. La situation de concurrence impose un impératif de grande flexibilité auquel les petites unités sont mieux à même de satisfaire. Ce sont surtout les entreprises de petite taille, innovatrices et audacieuses qui peuvent (surtout dans le secteur en pleine expansion des services) saisir les chances de croissance qui s'offrent à elles et apporter ainsi une contribution décisive à la croissance économique globale;
  • - le développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication facilite l'externalisation de certaines activités. Le télétravail, surtout effectué au titre d'une activité indépendante, n'est cependant encore qu'un phénomène marginal en Allemagne; il gagnera sans doute en importance au cours des années à venir;
  • - le transfert des coûts de sécurité sociale peut lui aussi constituer une motivation en faveur de l'externalisation d'activités. Les cotisations légales de sécurité sociale sont assumées pour moitié respectivement par le travailleur et l'employeur. Les indépendants doivent s'assurer eux-mêmes, et peuvent généralement choisir librement entre des caisses privées et, dans certaines conditions, les organismes publics de sécurité sociale. Le libre choix de l'assurance se traduit en général par des avantages financiers, mais les cotisations d'assurance maladie et vieillesse peuvent représenter pour certains indépendants (notamment «pseudo-indépendants») une énorme contrainte financière;
  • - le développement de l'emploi indépendant est favorisé non seulement par le contexte technique, mais aussi par l'importance du chômage. On a pu démonter empiriquement l'effet positif de la montée du chômage sur les créations d'entreprises en Allemagne de l'Ouest, surtout pour les entreprises unipersonnelles dans le commerce, les réparations et l'hôtellerie/restauration de même que dans le domaine de la petite entreprise artisanale, industrielle et commerciale (Pfeiffer 1998a).

    4.3.1.1. a) Obstacles

    Certaines filières professionnelles et branches d'activité sont soumises à des conditions d'accès entravant le lancement d'une activité indépendante. Ces conditions sont fixées tant par la loi que par les chambres et organisations professionnelles. C'est une réglementation particulièrement stricte qui s'applique à l'exercice des professions artisanales. A l'exception des professions libérales pour lesquelles l'appartenance à un ordre professionnel est obligatoire, le secteur des services offre grâce à son faible degré d'institutionnalisation une grande latitude entrepreneuriale aux nouveaux indépendants, ce que montre bien la concentration de l'emploi indépendant sur ce secteur.

    Les problèmes d'accès au marché des capitaux représentent, par rapport aux entreprises établies et notamment aux grandes entreprises, un obstacle de taille pour le lancement d'une activité indépendante. Parfois aussi, on dénonce la relative générosité des allocations de chômage en Allemagne comme constituant un obstacle à une plus grande expansion de l'emploi indépendant (Dichmann 1998).

    4.3.1.2. b) Mesures d'encouragement à l'emploi indépendant

    Le passage vers l'emploi indépendant est encouragé par une multitude de programmes et d'aides financières: par exemple programmes de dotation en capitaux et d'aide à la création d'entreprises, ressources du plan commun d'amélioration de la structure économique régionale, programmes de prêt de la Banque de crédit pour la reconstruction, programmes de création d'entreprises de la Banque allemande de compensation et subventions relevant de programmes de l'UE. Il s'agit la plupart du temps de prêts de longue durée à taux d'intérêt réduit, mais aussi de primes d'investissement. Ces programmes permettent d'encourager la création d'entreprises notamment dans le domaine de l'artisanat, mais aussi du secteur des services. L'essentiel de ces mesures réside dans le soutien au secteur de la petite et moyenne entreprise.

    Pour les chômeurs, le passage à l'emploi indépendant est favorisé par l'allocation transitoire légale pour la création d'un emploi indépendant (§57 SGB III, avant 1998: § 55a AFG). Pour assurer leur subsistance dans les premiers mois de l'activité indépendante, les chômeurs qui veulent se mettre à leur compte touchent pendant une durée pouvant atteindre six mois une allocation transitoire égale aux prestations d'assurance ou d'assistance chômage. Les cotisations de sécurité sociale dues sur ces prestations sont elles aussi prises en charge par le service de l'emploi. L'allocation transitoire a été instituée en 1986 et les conditions d'attribution ont été améliorées à plusieurs reprises. Le nombre de bénéficiaires a fortement augmenté ces dernières années, atteignant 79.000 en 1997, soit plus d'un doublement du volume en deux ans.

    Une analyse menée par l'Institut de recherche sur l'emploi et les professions sur le succès de l'allocation transitoire a abouti à une évaluation très positive de ses effets sur l'emploi: trois années environ après s'être mis à leur compte, plus de 70% des bénéficiaires étaient encore indépendants, et 12% étaient dans l'intervalle passés à une activité salariée. 11% seulement des anciens bénéficiaires de l'allocation transitoire étaient à nouveau inscrits au chômage au bout de trois ans. En moyenne, chaque bénéficiaire occupait une personne à l'issue de cette période. La moitié de ces personnes étaient occupées au titre d'un contrat de travail assujetti à la sécurité sociale, l'autre moitié étant composée d'auxiliaires et/ou d'aides familiaux ou d'apprentis (Wießner 1998).

    Il n'y avait guère de recoupements entre les différents types d'aides: un seul bénéficiaire de l'allocation transitoire sur cinq a essayé d'obtenir une autre prestation, et 15% seulement de la totalité des bénéficiaires ont touché d'autres prestations (Wießner 1998). Les divers types d'aides s'adressent manifestement à des clientèles très différentes.

    4.3.2. Le débat public

    Nombreuses sont les voix qui s'élèvent pour réclamer un renforcement de l'aide à l'emploi indépendant, demandant parallèlement à l'amélioration des instruments existants (et surtout de la transparence des dispositifs) un allégement des réglementations légales et professionnelles et une diminution du taux d'imposition maximum. C'est par ailleurs une promotion des ressources humaines qui est proposée, par exemple par des offres de cours dans le cadre de la formation professionnelle et des études supérieures (Dichmann 1998, p. 60 sqq.).

    L'augmentation des rapports précaires de travail, des formes atypiques d'emploi et de la pseudo-indépendance amène à se demander dans quelle mesure la protection assurée par le droit du travail et le droit social peut être considérée comme suffisante. De plus en plus, les milieux syndicaux, les organismes de sécurité sociale et les juristes spécialisés critiquent les critères définis par la Cour fédérale du travail pour considérer l'existence d'un rapport d'emploi salarié. Les solutions proposées en alternative visent à prendre pour critère décisif non pas la dépendance personnelle telle qu'elle s'exprime dans le rapport de subordination, mais le «besoin de protection sociale» ou la «perte de la liberté de résolution». Au cours des dernières années, c'est une autre démarche qui a acquis droit de cité: se baser sur le «risque entrepreneurial» plutôt que sur la dépendance personnelle (Dietrich 1996). L'aspect décisif est de savoir si l'intéressé assume uniquement des risques ou s'il peut aussi profiter de chances sur le marché.

    Les fédérations d'organismes de sécurité sociale ont par ailleurs présenté une proposition visant à redéfinir l'obligation d'assujettissement à la sécurité sociale (Dietrich 1996). En vertu de cette proposition, l'affiliation à la sécurité sociale serait obligatoire pour les personnes qui dans le contexte de leur activité professionnelle n'emploient pas de salariés, ne travaillent régulièrement que pour un client et exercent des tâches généralement considérées comme typiques des salariés.

    A l'opposé des efforts visant à étendre les systèmes de protection sociale et à endiguer la désagrégation du salariat par un dispositif législatif, les employeurs et les organisations patronales réclament une flexibilisation poussée du marché du travail et un allégement des charges salariales des employeurs et des coûteux dispositifs de protection, avançant que telle est la seule façon de faire obstacle à la désagrégation du salariat et qu'une réduction des coûts du travail favoriserait le recrutement de personnels supplémentaires par les créateurs d'entreprises et permettrait la création d'entreprises nouvelles.

    Nicola Düll & Kurt Vogler-Ludwig

    4.3.3. Bibliographie sélective

    Bellmann, L. et al. (1996): Flexibilität von Betrieben in Deutschland. Ergebnisse des IAB-Betriebspanels 1993-1995. Beiträge zur Arbeitsmarkt- und Berufsforschung, Vol. 200. Nuremberg.

    Brixy, U. & S. Kohaut (1997): Betriebsgründungen: Hoffnungsträger des ostdeutschen Arbeitsmarktes. IAB-Kurzbericht n° 6. Nuremberg.

    Bundesanstalt für Arbeit (1998): Arbeitsmarkt 1997; Amtliche Nachrichten der Bundesanstalt für Arbeit. Nuremberg.

    Bundesministerium für Wirtschaft (1998): Starthilfe. Der erfolgreiche Weg in die Selbständigkeit. 11e édition. Bonn.

    DIW (Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung) (1998): «Zunehmende Selbständigkeit in Deutschland 1990 bis 1996. Starke Veränderung im Bestand». In: DIW-Wochenbericht, n° 38.

    Dichmann, W. (1998): «Die "Kultur der Selbständigkeit" in ökonomischer Perspektive». In: W. Dichmann & W. Schlaffke (éd.): Wege in die Selbständigkeit. Probleme und Chancen. Kölner Texte & Thesen. Cologne: Institut der Deutschen Wirtschaft, p.31-80.

    Dietrich, H. (1996): Empirische Befunde zur «Scheinselbständigkeit». Zentrale Ergebnisse des IAB-Projektes «Freie Mitarbeiter und selbständige Einzelunternehmer mit persönlicher und wirtschaftlicher Abhängigkeit». IAB-Werkstattbericht n° 7 du 25.11.1996. Nuremberg.

    Dostal, W. (1995): «Informatisierung der Arbeitswelt - Multimedia, offene Arbeitsformen und Telearbeit». In: MittAB, n° 4, p. 527-543.

    Hoffmann, E., & U. Walwei (1998): Beschäftigung: Formenvielfalt als Perspektive? Teil 1: Längerfristige Entwicklung von Erwerbsformen in Westdeutschland. IAB-Kurzbericht n°2 du 27.1.1998. Nuremberg.

    Pfeiffer, F. (1998a): «Arbeitslosigkeit und Unternehmensgründungen». In: ZEW news, décembre 1997/janvier 1998, p. 3-4.

    Pfeiffer, F. (1998b): «Arbeitsmarkt und Selbständige 1991-1995». In: ZEW news, mars, p.3.

    Statistisches Bundesamt [Office fédéral de la statistique] (1988, 1993, 1998): Bevölkerung und Erwerbstätigkeit. Stand und Entwicklung der Erwerbstätigkeit 1997 (bzw. 1991 et 1987), Fachserie 1, Reihe 4.1.1. Wiesbaden.

    Trautwein-Kams, G. (1997): «Informationsgesellschaft und Arbeitswelt: Nur Technik, Markt, Deregulierung? Zur Vision von virtuellen Unternehmen und neuer Selbständigkeit». In: WSI-Mitteilungen, n° 3, p. 169-177.

    Walwei, U. (1998): Beschäftigung: Formenvielfalt als Perspektive? Teil 2: Bestimmungsfaktoren für den Wandel der Erwerbsformen. IAB-Kurzbericht n° 3 du 28.11.1998. Nuremberg.

    Wießner, F. (1997a): Wege aus der Arbeitslosigkeit - berufliche Mobilität von Existenzgründern. Eine Untersuchung zur beruflichen Mobilität ehemals arbeitsloser Existenzgründer, die mit Überbrückungsgeld nach § 55a AFG gefördert wurden. IAB-Werkstattbericht n° 12 du 12.9.1997. Nuremberg.

    Wießner, F. (1997b): Aus der Arbeitslosigkeit in die Selbständigkeit. Teil I: Existenzgründer bevorzugen Servicebereich. Rund 90.000 Arbeitslose wurden 1996 mit über einer Milliarde DM Überbrückungsgeld nach § 55a AFG gefördert. Hochwertiges Angebot. IAB-Kurzbericht n° 10 du 8.12.1997. Nuremberg.

    Wießner, F. (1997c): Aus der Arbeitslosigkeit in die Selbständigkeit. Teil II. Auch für Freie Berufe Starthilfen vom Arbeitsamt. Mit Überbrückungsgeld geförderte Existenzgründer bieten oft hochqualifizierte Dienstleistungen an und schaffen zusätzliche Arbeitsplätze. IAB-Kurzbericht n° 11 du 9.12.1997. Nuremberg.

    Wießner, F. (1998): Positive Zwischenbilanz für «Überbrückungsgeld-Empfänger». Wer die ersten drei Jahre übersteht, hat einen wichtigen Schritt beim Aufbau einer selbständigen Existenz getan. IAB-Kurzbericht n° 1 du 19.1.1998. Nuremberg.

    Worch, A. (1994): «Rechtliche Rahmenbedingungen». In: B. Godehardt: Telearbeit, Rahmenbedingungen und Potentiale. Opladen: Westdeutscher Verlag.


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