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Politiques nationales du marché du travail

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Grèce
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Grèce


5.1. Introduction

La Grèce a le taux de travailleurs indépendants le plus élevé de tous les pays de l'UE: il atteint plus du double du taux moyen de l'UE. Malgré l'impressionnante ampleur et l'importance de l'emploi indépendant dans le pays, sa typologie, son rôle et ses tendances n'ont guère fait l'objet de recherches. Cet article vise à examiner certains aspects de l'emploi indépendant et à discuter les politiques qui le concernent. Le manque d'informations quantitatives et qualitatives disponibles, notamment sur les nouvelles formes d'emploi indépendant, représente un obstacle à tout travail sur ce thème.

5.2.1. Types d'emploi indépendant

Les travailleurs indépendants peuvent être répartis en deux grandes catégories: ceux qui emploient d'autres personnes et ceux qui travaillent seuls et peuvent être aidés uniquement par des membres de leur familles ou des apprentis non rémunérés. C'est cette dernière catégorie qui prédomine en Grèce, où elle représente près de 80% de la totalité des travailleurs indépendants (77% chez les hommes et 85% chez les femmes).

L'emploi indépendant est le principal type d'emploi dans le secteur agricole. Dans le secteur non agricole, le groupe des indépendants est extrêmement hétérogène, englobant hommes d'affaires, libéraux, artisans, commerçants, etc. Il est également hétérogène quant aux revenus, allant de revenus très faibles à des revenus très élevés, et à la couverture sociale assurée par divers fonds qui procurent des niveaux très différents de prestations.

Une catégorie spécifique d'indépendants a suscité ces dernières années un intérêt particulier: ceux qui travaillent en sous-traitance au forfait ou à la pièce. La sous-traitance est utilisée traditionnellement dans la fabrication et la production artisanale et dans le bâtiment. Elle est depuis quelques années utilisée dans les services, par exemple nettoyage, restauration, etc., et dans des activités telles que le traitement de textes, la conception et le design, la traduction, la publication, la comptabilité, le marketing, etc. Le télétravail et d'autres types d'emploi indépendant liés aux nouvelles technologies ne sont pas aussi développés que dans d'autres pays, mais ils progressent.

Les travailleurs indépendants exerçant en sous-traitance peuvent exercer dans des locaux situés soit hors de leur domicile, soit chez eux. Ceux qui travaillent à la pièce travaillent en général chez eux, ont des équipements simples, ne fournissent pas les matériaux et ne travaillent pas en permanence pour un seul et même employeur. Selon une estimation officieuse, 200.000 personnes environ travaillaient en 1994 à domicile au titre de contrats à la pièce, et la plupart d'entre elles étaient des femmes (Katsoridas 1998). Une étude menée pour la Confédération des syndicats grecs (GSEE) a révélé que 77% des personnes travaillant à la pièce relevaient de l'industrie du vêtement et 7,5% de la joaillerie (Katsoridas 1994).

Le travail à la pièce va de pair avec des rémunérations très basses. Selon l'enquête de la GSEE, environ 39% des sous-traitants travaillant à la pièce gagnaient moins de 65.000 GRD par mois, tandis que 6% seulement des salariés avaient des revenus d'un aussi faible ordre de grandeur. Ce type de travail est également très instable. Selon l'enquête de la GSEE, 35% seulement des intéressés avaient du travail en permanence. Du fait des fluctuations, les horaires de travail accusaient d'importantes variations.

En ce qui concerne la sécurité sociale, les individus qui travaillent au titre de contrats de sous-traitance sont considérés comme travailleurs indépendants et peuvent être couverts par la TEVE s'ils fournissent leurs propres matériaux, utilisent leurs propres équipements d'une valeur relativement élevée ou emploient et rémunèrent d'autres travailleurs. S'ils ne travaillent que pour leur propre compte, ils doivent être assurés auprès de l'organisme de sécurité sociale des salariés (IKA).

Dans l'enquête sur les forces de travail (EFT), le critère de l'emploi indépendant est la façon dont les intéressés considèrent leur propre statut, le régime de sécurité sociale ou d'imposition ne jouant aucun rôle. De ce fait, certains peuvent être inclus parmi les indépendants dans les statistiques de l'EFT tandis qu'ils sont considérés comme travailleurs salariés en vertu de leur régime de sécurité sociale ou d'imposition.

Pour échapper aux cotisations de sécurité sociale et à l'imposition et être plus compétitifs sur le marché des contrats de sous-traitance, une bonne partie des indépendants travaillant en sous-traitance ne déclarent pas leur travail et ne disposent d'aucune couverture sociale. Selon l'enquête de la GSEE, environ 38% des personnes travaillant à la pièce à domicile n'avaient aucune couverture sociale.

Il n'y a pas d'estimations officielles sur la mesure dans laquelle l'emploi indépendant correspond à un emploi salarié déguisé ou sur les indépendants qui exercent leur activité en tout ou en partie dans l'économie informelle. Selon des informations officieuses, le nombre de personnes relevant de ces catégories est relativement important.

5.2.2. Incidence et évolution de l'emploi indépendant

Le tableau 1 présente le taux d'emploi indépendant (en pourcentage de l'emploi total) selon le sexe depuis 1985. Pour les hommes comme pour les femmes, il s'est produit une forte augmentation de ce taux de 1985 à 1990, période pendant laquelle le chômage n'a pas accusé de changement significatif. Le taux d'emploi indépendant des hommes a légèrement augmenté en 1991 et 1992 et a baissé de 1993 à 1997, tandis que le taux féminin a accusé une légère diminution à partir de 1991.

La figure 1 présente la contribution de l'emploi indépendant à l'évolution de l'emploi en 1985-1997. Pendant cette période, plus de la moitié des nouveaux emplois des hommes et un peu moins d'un quart de ceux des femmes ont été le fait de l'emploi indépendant. Ces gains ont été réalisés au cours de la période 1985-1990, car en 1990-1997 l'emploi indépendant a apporté une contribution négative à l'évolution de l'emploi. La baisse de l'emploi indépendant au cours de cette dernière sous-période a été importante pour les hommes et insignifiante pour les hommes.

La contraction de l'emploi indépendant pendant la période 1990-1997 peut être imputée à plusieurs facteurs tels que la réduction de l'emploi dans le secteur agricole, la récession économique, l'affluence dans la plupart des activités où les travailleurs indépendants interviennent traditionnellement et le remplacement de petites entreprises par de grandes entreprises dans la quasi-totalité des secteurs et notamment dans le commerce. L'introduction du système de «critères objectifs d'imposition» sur la base duquel certaines catégories d'indépendants doivent payer des impôts dont le montant est déterminé par divers critères, indépendamment du revenu déclaré1, a amené un grand nombre d'entre eux à cesser leur activité ou à passer à l'économie informelle.

Pendant cette période, le nombre de personnes travaillant à domicile à la pièce a également connu des changements. Des augmentations ont résulté du fait que les petites entreprises, s'efforçant de réduire leurs coûts, ont recours de manière plus extensive à ce type de travail; les diminutions sont imputées au fait que de nombreuses entreprises recourant à la sous-traitance se sont vues contraintes à la fermeture ou à la réduction d'activité en raison de la concurrence étrangère. On ignore dans quelle mesure ces changements ont affecté les statistiques officielles, une partie de ce travail pouvant n'avoir pas été déclaré.

L'emploi indépendant est également sous-estimé du fait que de nombreuses personnes titulaires d'un emploi salarié exercent une seconde activité à titre indépendant et ne déclarent généralement que leur emploi salarié.

Le tableau 2 présente les taux d'emploi indépendant par secteur, par branche et par sexe. En 1997, plus de la moitié des personnes travaillant dans le secteur primaire et plus d'un quart de celles travaillant dans les secteurs secondaire et tertiaire étaient des travailleurs indépendants. Dans tous les secteurs, les taux d'emploi indépendant des hommes étaient bien supérieurs à ceux des femmes. Pendant la période 1992-1997, les taux d'emploi indépendant du secteur primaire ont accusé une légère croissance tandis que ceux des secteurs secondaire et tertiaire présentaient une légère diminution tant pour les hommes que pour les femmes.

En 1997, plus de la moitié des femmes indépendantes et un peu moins de la moitié des hommes indépendants travaillaient dans les services. Le commerce, l'hôtellerie et la restauration étaient les principaux domaines d'emploi indépendant. Entre 1992 et 1997, il y a eu une légère diminution du pourcentage d'indépendants dans l'industrie manufacturière, tant pour les hommes que pour les femmes, mais sans que ce changement soit significatif. On a observé pour les hommes une notable augmentation de l'emploi indépendant dans la construction.

5.2.3. Tableau 1: Emploi indépendant selon le sexe, 1985-1997

En pourcentage de l’emploi total
Année Total Hommes Femmes
1985 26,5 32,4 13,8
1990 34,8 42,6 20,3
1991 35,2 42,9 20,1
1992 35,3 43,5 19,9
1993 34,6 42,7 19,7
1994 34,4 42,5 19,5
1995 33,7 42,2 18,7
1996 33,7 41,8 19,4
1997 33,3 41,7 18,8

Source: ESYE: Enquête sur les forces de travail, 1985-1997.

5.2.4. Figure 1: Contribution de l'emploi indépendant à l'évolution de l'emploi

Source: Calculs sur la base des données de l'enquête sur les forces de travail, 1985-1997.

5.2.5. Tableau 2: Taux d'emploi indépendant par secteur, par branche et par sexe, 1992 et 1997 (en %)

Secteurs et branches 1997 1992
Total Hommes Femmes Total Hommes Femmes
A. Secteur primaire 58,7 80,0 30,2 60,2 79,7 29,5
(agriculture, élevage,
pêche, etc.)
B. Secteur secondaire 25,9 30,4 9,8 27,4 32,3 10,3
Industries extractives 4,5 4,5 - 4,5 4,5 -
Industrie manufacturière 24,1 30,7 10,0 26,9 34,1 10,4
Production et distribution
de l’énergie - - - - - -
Construction 35,6 35,8 18,4 34,6 34,7 24,3
C. Secteur tertiaire 27,3 34,8 16,4 28,8 35,3 18,4
Commerce 46,5 56,2 29,6 46,5 57,1 29,6
Hôtellerie et restauration 34,3 47,3 16,8
Transport et entreposage 25,9 28,9 5,3 25,7 28,4 5,4
Intermédiation financière 4,8 5,3 3,9 38,0 47,7 23,6
Immobilier 50,9 64,2 30,7 10,9 11,9 9,8
Administration publique
et défense - - -
Education 8,7 9,9 8,1
Santé et action sociale 14,1 21,6 9,3
Autres 22,3 24,6 20,1
Total 33,3 41,7 18,8 35,3 43,5 19,9

Source: ESYE: Enquête sur les forces de travail, 1992 et 1997.

5.2.6. Caractéristiques des travailleurs indépendants

En 1997, près de la moitié des indépendants avaient de 45 à 64 ans et environ 85% d'entre eux de 30 à 64 ans. Les femmes indépendantes étaient un peu plus jeunes que les hommes. Environ 56% des hommes et 54% des femmes parmi les indépendants n'avaient qu'une instruction élémentaire ou moins encore. La faiblesse du niveau éducatif caractérise les indépendants non seulement dans l'agriculture, mais aussi dans les autres secteurs.

Le tableau 3 présente la structure professionnelle des indépendants. Les femmes ont un taux plus élevé que les hommes dans les professions administratives, de direction, de gestion et libérales et dans les activités rattachées à l'agriculture.

Les indépendants ont des horaires de travail prolongés. En 1997, près de 55% d'entre eux ont travaillé plus de 47 heures par semaine (17% seulement des salariés ont travaillé autant).

Le pourcentage d'indépendants sur la totalité des actifs ne présente pas de variation significative entre zones urbaines de différente taille. Dans tous les cas, il était proche de la moyenne nationale. Et dans toutes les zones aussi, les hommes avaient des taux d'emploi indépendant plus élevés que les femmes.

5.2.7. Tableau 3: Structure de l'emploi indépendant par activité et par sexe, 1997 (en pourcentage des indépendants)

Catégories professionnelles Total Hommes Femmes
Professions administratives, de
direction et de gestion 29,0 28,4 31,0
Professions libérales 8,7 7,2 14,3
Professions techniques 2,2 2,1 2,4
Professions de bureau 0,7 0,6 1,4
Professions de service 2,7 1,8 6,6
Agriculteurs, bûcherons et similaires 34,6 33,9 37,0
Artisans 15,2 17,9 5,0
Conducteurs de machines 5,8 7,2 0,6
Travailleurs non spécialisés 1,1 0,9 1,7
Total 100,0 100,0 100,0

Source: ESYE: Enquête sur les forces de travail, 1997.

5.3.1. Stratégies de sous-traitance et d'externalisation des entreprises

Il y a fort longtemps que certains secteurs tels que l'industrie manufacturière et la construction recourent à la sous-traitance à des petites entreprises ou à des indépendants travaillant seuls. L'utilisation de cette formule est en progression depuis quelques années en raison de la pression qu'exerce le renforcement de la concurrence. En recourant à la sous-traitance, les entreprises peuvent réduire de façon notable les coûts du travail puisqu'elles évitent non seulement les cotisations sociales relativement élevées, mais aussi d'autres coûts tels que les primes de Pâques, d'été et de Noël, les indemnités de licenciement, etc. Elles font également l'économie de coûts qu'elles auraient sinon à supporter pour l'espace mis à la disposition des travailleurs, le chauffage et l'éclairage, etc. Il n'est pas inhabituel que des petites entreprises licencient des travailleurs et leur offrent ensuite du travail en sous-traitance.

La pratique de la sous-traitance a été fortement impulsée par l'arrivée massive d'immigrant illégaux dans le pays à partir de 1990, qui a fourni un vaste réservoir de main-d'œuvre bon marché pouvant être utilisée sans avoir à supporter le coût des cotisations de sécurité sociale ou d'autres charges. Les grandes entreprises ne pouvaient employer des immigrés illégaux, mais ont pu réduire leurs coûts en sous-traitant du travail à des petites entreprises ou à des individus qui pouvaient opérer en tout ou en partie dans le cadre de l'économie informelle.

Une façon assez courante en Grèce d'éluder les cotisations de sécurité sociale et d'autres coûts liés au travail salarié est d'employer des travailleurs selon la formule du système de «reçus pour fourniture de services». Au titre de ce système, quiconque propose des services indépendants est considéré comme indépendant tenu de délivrer des reçus autorisés par les autorités fiscales pour tout paiement qu'il perçoit et doit s'assurer lui-même. Le recours à ce système fait l'objet de restrictions, qui toutefois peuvent être contournées.

5.3.2. Facteurs volontaires ou involontaires de transition vers l'emploi indépendant

On se met à son compte comme indépendant parce que l'on est attiré par certains avantages de l'emploi indépendant ou parce que l'on y est acculé par la menace du chômage. Selon une enquête menée auprès de 1.156 nouveaux indépendants (Haratsis, Petraki-Kottis et al. 1993), les avantages de l'emploi indépendant, c'est-à-dire les meilleures perspectives économiques, l'indépendance professionnelle, etc., étaient les principaux facteurs qui avaient motivé leur décision de se mettre à leur compte. 2,6% des hommes et 2,3% des femmes seulement indiquaient avoir choisi l'emploi indépendant en raison du risque de chômage. Tous les autres étaient attirés par les avantages spécifiques. Près de la moitié des femmes indiquaient avoir choisi l'emploi indépendant parce qu'il leur permettait d'être autonomes et d'avoir des horaires de travail flexibles.

5.4.1. Obstacles à l'emploi indépendant et environnement économique global

Il n'est guère difficile de se mettre à son compte en Grèce, car les contraintes réglementaires régissant l'autorisation des nouvelles activités indépendantes y sont modérées et dans la plupart des cas minimes. D'une façon générale, la tradition, le soutien familial et les faibles impératifs juridiques sont des facteurs qui favorisent l'emploi indépendant.

En revanche, le caractère bureaucratique des procédures administratives et les problèmes dans les rapports avec l'administration publique, les difficultés de financement, les impératifs de comptabilité et la législation fiscale imposent souvent de lourdes contraintes aux indépendants. Dans certains cas, il faut pour pouvoir s'engager dans une activité présenter des certificats formels, dont l'obtention peut demander bien du temps et des efforts. L'introduction il y a quelques années des «critères objectifs d'imposition», notamment, a entraîné des effets dissuasifs en matière d'emploi indépendant.

L'enquête auprès des nouveaux indépendants visée plus haut (Haratsis, Petraki-Kottis et al. 1997) a révélé qu'environ 60% d'entre eux se trouvaient surtout confrontés à des problèmes de vive concurrence et de difficulté d'emprunter. Les problèmes financiers étaient associés à l'absence d'accès à des institutions de prêt. Les difficultés rencontrées par les indépendants dans leur rapports avec l'administration publique leur causaient également des problèmes.

5.4.2. Programmes en faveur de l'emploi indépendant

Depuis le milieu des années 80, le Service de l'emploi (OAED) mène une série de programmes pour encourager l'emploi indépendant en fournissant des aides financières aux chômeurs pour qu'ils créent de nouvelles entreprises. De 1986 à 1997, plus de 70.000 personnes se sont mises à leur compte à l'aide de ces programmes. En 1998, 10.000 chômeurs de 20 à 27 ans et 2.000 chômeurs de longue durée de 28 à 64 ans ont touché une prime pour se mettre à leur compte.

Ces programmes, tout en produisant de bons résultats, n'en ont pas moins causé aussi certains problèmes qui ont réduit leur efficacité (Haratsis, Petraki-Kottis et al. 1993). On s'est aperçu qu'il y avait de considérables effets d'aubaine, car la prime était très faible et ne pouvait venir en aide qu'aux personnes qui se seraient mises à leur compte en tout cas. En outre, il n'y avait aucun autre type d'aide comme par exemple assistance technique ou administrative, soutien pour obtenir un financement, etc. En raison du manque d'informations, les nouveaux indépendants ont pour la plupart choisi des activités de type traditionnel accusant déjà une saturation, entraînant ainsi de graves effets d'éviction.

Depuis quelques années, le Ministère du développement et l'Association Hellénique des Petites et Moyennes Industries et des Artisans (EOMMEX) mènent certains programmes pour encourager à la création de nouvelles entreprises; les informations relatives à ces programmes ne sont cependant pas très répandues.

Le Ministère du développement et le Secrétariat général à la jeunesse ont récemment annoncé des programmes spécifiques pour encourager respectivement les femmes et les jeunes à se lancer dans la petite entreprise. Il est encore trop tôt pour pouvoir formuler une évaluation de ces programmes.

5.4.3. Faire sortir l'emploi indépendant de l'économie informelle

Le gouvernement s'est efforcé ces dernières années, par des lois et des institutions nouvelles, de s'opposer à ce que l'on se mette à son compte sans le déclarer. Des dispositions réglementant la sous-traitance et restreignant l'utilisation qui en est faite pour dissimuler l'emploi dépendant ont été intégrées dans la nouvelle loi sur les relations industrielles adoptée en août 1998. En vertu de cette loi, il doit y avoir entre l'entreprise qui sous-traite et l'indépendant un accord écrit qui doit être soumis au Ministère du travail dans les huit jours suivant sa conclusion. S'il n'est pas satisfait à cette obligation ou si l'indépendant travaille exclusivement pour une seule entreprise, le travail est considéré comme emploi salarié et traité comme tel.

De même, des textes ont été récemment adoptés et des procédures administratives mises en place pour régulariser les immigrés illégaux. Aux termes de la nouvelle loi, de graves sanctions menacent les employeurs qui ne déclarent pas aux organismes de sécurité sociale les immigrés qu'ils emploient.

5.4.4. Le débat public

Un important aspect des préoccupations publiques est celui du nombre important d'indépendants exerçant tout ou partie de leur activité dans le secteur informel, avec pour corollaire le non-paiement de cotisations de sécurité sociale et d'impôts et les implications financières de cette situation sur le système de sécurité sociale. De même, on s'inquiète de la concurrence déloyale à laquelle les entreprises qui observent la loi se voient confrontées en raison de ce type d'activité. De nouvelles dispositions législatives récemment mises en place pourraient améliorer la situation, mais il importe d'agir pour en assurer le strict respect. La longévité relativement réduite des nouvelles petites entreprises, la fréquence croissante des faillites et les mesures des pouvoirs publics requises dans ce contexte font également l'objet d'une vaste discussion.

Promouvoir l'emploi indépendant par la modernisation du secteur public et la simplification des procédures administratives, faciliter l'accès aux institutions financières, abolir le système des «critères objectifs d'imposition», développer les réseaux et d'une façon générale améliorer l'environnement de la petite entreprise, tels sont d'autres aspects qui suscitent un considérable intérêt public. Une question qui revêt une importance particulière est celle de l'absence d'une organisation qui pourrait fournir des informations exhaustives et un soutien global aux nouveaux arrivants dans l'emploi indépendant. L'aide financière fournie par l'OAED n'est guère efficace tant qu'elle n'est pas associée à d'autres types de soutien.

Athena Petraki-Kottis

5.4.5. Bibliographie sélective

ESYE (Service statistique national de Grèce): Enquête sur les forces de travail. Rapports des années 1985 à 1992 et documents non publiés pour les années 1993 à 1997. Athènes [en grec].

Haratsis, E., A. Petraki-Kottis et al. (1993): L'emploi indépendant en Grèce: évaluation du programme de l'OAED. Athènes: OAED [en grec].

Katsoridas, D. (1994): «Le travail à la pièce». In: THESEIS, n° 48 [en grec].

Katsoridas, D. (1998): «Les jeunes actifs en Grèce». In: ENIMEROSI, INE/GSEE, n° 36, mai [en grec].

Observatoire européen des PME (1997): Cinquième rapport annuel. Bruxelles.


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